J’écris pour laisser une trace sensible du monde et de ses battements

Ici se rassemblent mes poèmes, et d’abord ceux de

À cœur ouvert, à mots couverts.

Dans ce retour, j’ai compris qu’écrire,
c’est tresser ensemble les fils du départ et ceux de l’ancrage.
C’est devenir cette pirogue née d’un arbre ancien,
et qui pourtant sait encore prendre le large.

Entre l’arbre et la mer, entre l’instant et l’éternel,
mes poèmes tentent d’ouvrir des chemins.
Des chemins de mémoire et d’élan.
Des chemins de lumière.

À CŒUR OUVERT, À MOTS COUVERTS

Poèmes pour le temps qui passe

Ce premier recueil propose une traversée poétique du monde et de l’intime — entre bruissements du dehors et murmures du dedans. Errance au cœur des instants suspendus, souffle où le monde danse avec l’âme, il épouse la lumière tremblante, le murmure des vents, l’éclat des saisons et le chant des astres. Chaque poème déploie une fresque d’émotions — fragile et puissante, douce et ardente.

Exils et fidélités, battements du cœur, douleurs invisibles, éclairs d’espérance : ces vers offrent au réel une clarté nouvelle, intime et vibrante.

Prologue

Il est des silences qui pèsent.
D’autres qui nourrissent.
Des mots qui s’imposent.
D’autres qui s’attardent.

Ce recueil est né du besoin de dire — sans crier.
De la nécessité d’écrire — pour tenir.
De l’élan de partager — pour relier.

Depuis l’enfance, les mots m’accompagnent.
Ils ont été refuge, boussole, passerelle.
Ils m’ont permis de traverser les exils, d’éclairer les absences, de saluer la beauté, de nommer les blessures.

Ici se mêlent les poèmes de l’intime et ceux du monde.
Les cris contenus, les élans d’amour, les appels à la lumière.

Chaque texte est une trace : d’un moment vécu, d’une émotion traversée, d’un lien tissé.

L’écriture n’y cherche ni prouesse ni posture.
Elle tente d’approcher au plus juste ce qui palpite, ce qui dérange, ce qui éclaire.

À cœur ouvert, à mots couverts — car il y a dans toute pudeur une profondeur
qu’aucun cri ne saurait dire.

Avant-propos

Ce recueil rassemble, pour la première fois, une sélection de poèmes écrits au fil des années — au fil de la vie. Des textes nés d’émotions vives, d’instants saisis, de voix intérieures qui ont résisté au silence.

Ils sont venus comme ça : d’un regard échangé, d’une lumière d’hiver, d’un mot reçu, d’un ciel en feu. D’un cri muet ou d’un moment de grâce.

Écrire, ici, n’est pas une démonstration de style. C’est un geste d’écoute. Une quête de justesse. Une réponse d’élan. Le mot y cherche moins l’éclat que l’écho. Il touche quand il vient de loin — de l’enfance, d’une mémoire, d’un tremblement.

Les poèmes réunis parcourent les territoires du cœur, de la mémoire, de la nature, de l’exil, du deuil, de l’engagement. Chacun est précédé d’une note contextuelle — une origine sensible, un instant déclencheur, une adresse implicite — pour en partager l’ancrage, sans en figer le sens.

Le recueil se lit comme une traversée. Il suit une architecture en six mouvements, organisés par tonalités : souffle du monde, pulsations du cœur, célébration du jour, bruissements du vivant, silences habités, voix levées.

Une manière de relier le « je » et le « nous », l’intime et le collectif, dans un même chant.
Avec l’espoir que les mots, un jour ou l’autre, rejoignent quelqu’un.

A propos de l’auteur

Né au Maroc, Mourad Métioui y a grandi et étudié jusqu’à l’âge de 23 ans. Il vit et travaille aujourd’hui à Bruxelles, une ville à la croisée des chemins, à l’image d’un parcours tissé entre deux rives, deux langues, et mille sensibilités. Docteur en sciences de l’Université libre de Bruxelles, ancien chercheur universitaire, il est aujourd’hui cadre dirigeant dans le service public.

Malgré ces engagements professionnels intenses, c’est bien à la lisière de ce cheminement qu’il a toujours nourri une autre soif : celle des mots. Curieux insatiable, joueur d’échecs passionné, c’est dans le silence de l’écriture qu’il donne voix à un monde intérieur vibrant.

Son lien intime avec la langue et la poésie a pris racine dans une maison où les livres étaient des fenêtres ouvertes sur l’horizon, une transmission précieuse de son père, enseignant, dans un monde où les diplômes comptaient autant que les récits partagés. C’est de là, de cet entre-deux culturel et de cet exil choisi, que sa plume a puisé sa justesse, cherchant la vibration du réel plutôt que la posture.

À la lisière du journal intime et du poème, son écriture puise dans les paysages, les silences, les révoltes contenues et les élans du cœur, avec une sobriété qui rend chaque mot essentiel. Ses textes naissent souvent d’un instant précis – un souvenir fugace, un regard posé sur une lumière, une indignation passagère – pour en révéler l’écho profond. Ils racontent une vie d’exils et d’attachements, de combats discrets et d’émerveillements simples, tissée de mots et de liens humains.

Ce cheminement l’a naturellement mené à « À cœur ouvert, à mots couverts », son premier recueil, signé sous le nom de plume Damour. Un ouvrage qui, comme un écho à sa propre histoire, invite à une traversée poétique du monde et de l’intime, entre bruissements du dehors et murmures du dedans.

« À cœur ouvert, à mots couverts — car il y a dans toute pudeur une profondeur
qu’aucun cri ne saurait dire.»

Damour, anagramme de son prénom adoptée comme nom de plume de Mourad Métioui, scientifique devenu passeur de mots d’amour, livre ici un premier recueil tissé de tendresse lucide et de révoltes apaisées. Sa poésie chante le vivant, caresse l’humain, et murmure ce qui, au creux des vies, continue de battre.

Damour

Décembre 2025

À mon épouse, complice de vie depuis tant de saisons,
A la mémoire de mon père, dont le silence m’accompagne,
A ma mère, dont la tendresse veille encore,
A tous les miens, présents ou absents,
et à tous les amoureux des mots, qui savent écouter le cœur.